
Un espoir dans la recherche
pour combattre cette maladie:
Paris, 6 janvier 2006
Une piste pour soigner les troubles respiratoires du syndrome de Rett
Le syndrome de Rett est une maladie génétique rare qui s'accompagne de troubles
respiratoires graves et récurrents. En travaillant sur des souris, des
chercheurs du CNRS (Centre National de Recherche Scientifique) ont identifié la mutation génétique responsable de ces
troubles et la façon dont elle agit. Ces travaux permettent d'envisager un
traitement pharmacologique de la maladie. Ils sont publiés dans The Journal of
Neuroscience.
Cette maladie, impliquant le gène Mepc2,
concerne essentiellement des filles (1 cas sur 15 000) : après une grossesse
sans problème et une première année de vie apparemment normale au cours de
laquelle l'enfant commence à marcher et à parler, une phase de régression
s'installe. Le patient présente, entre autres symptômes, des troubles
respiratoires récurrents : sa respiration est anormalement variable, avec des
périodes d'hypo- et d'hyperventilation et des arrêts respiratoires inquiétants.
Son espérance de vie se réduit à 30 ans environ.
Pour reproduire les symptômes de la maladie, les chercheurs ont travaillé sur
des souris mutantes dont le gène Mecp2 est inactif. Ces souris présentent des
troubles respiratoires qui évoluent de la même façon que chez les patients
atteints du syndrome de Rett. Ils apparaissent quelques semaines après la
naissance et s'aggravent rapidement : les arrêts respiratoires sont de plus en
plus longs et de plus en plus fréquents. Ils causent la mort précoce de la
souris vers l'âge de deux mois, alors que sa durée de vie normale est de deux à
trois ans.
Les chercheurs ont étudié l'effet de l'inactivation du gène Mecp2. Cette
opération altère les neurones contenant des bioamines, situés dans le bulbe
rachidien (au-dessus de la moelle, sous le cerveau). Les bioamines sont des
substances chimiques qui modulent la transmission de l'information d'un neurone
à l'autre, jusqu'aux motoneurones (situés dans la moelle), commandant les
muscles impliqués dans la respiration. Plus précisément, ce sont les neurones
contenant de la noradrénaline (une bioamine) qui sont touchés en premier : leur
nombre diminue. Les neurones à sérotonine (une autre bioamine) diminuent
également, mais à un stade plus avancé de la maladie.
Des expériences in vitro ont montré qu'en ajoutant de la noradrénaline dans le
milieu de culture des tissus nerveux, on restaurait un rythme normal de
respiration. Ce résultat permet d'envisager un traitement pharmacologique, ciblé
sur les neurones à noradrénaline. Les possibilités de traitement sont
actuellement à l'étude chez la souris.
Ces travaux ont été soutenus par le CNRS et l'INSERM, mais aussi par le
Ministère de la Recherche, le National Institute for Health (americain),
l'Université d'Aix Marseille 2, la région PACA et les associations caritatives
françaises et américaines pour le développement des recherches sur le syndrome
de Rett (AFSR et RSRF).
© Journal of
neurosciences
Article recueilli par "canari bleu" de landmania